La coopération mondiale peut mettre fin à la faim dans le monde, selon le directeur du Programme alimentaire mondial

Daniel Balaban, directeur du Centre d'excellence contre la faim du Programme alimentaire mondial (PAM) aux Nations unies, préconise une approche mondiale unifiée pour mettre fin à la faim dans le monde. Il estime qu'à l'instar de la mise au point rapide d'un vaccin contre le virus COVID-19, la collaboration peut apporter des solutions à la lutte contre la faim et la pauvreté.

La lutte contre la faim doit être une priorité pour tous les pays, affirme Daniel Balaban. Crédit : Disclosure MDS

Un rapport de l'Organisation des Nations unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO) pour 2023 révèle que plus de 750 millions de personnes dans le monde souffrent de la faim. La résolution de ce problème et la lutte contre la faim et la pauvreté dans le monde sont des priorités absolues pour la présidence brésilienne du G20.

Daniel Balaban, directeur du Centre d'excellence contre la faim du PAM aux Nations unies, et Wellington Dias, ministre brésilien du développement social et de l'assistance, de la famille et de la lutte contre la faim (Ministério do Desenvolvimento e Assistência Social, Família e Combate à Fome/MDS), ont signé un accord visant à renforcer la sécurité alimentaire. Cette initiative vise à acheter des denrées alimentaires produites au Brésil pour les distribuer dans les pays où la demande est forte.

Daniel Balaban, économiste, est titulaire d'un diplôme de premier cycle de l'Université de Vale do Rio dos Sinos (Unisinos) à Rio Grande do Sul, d'un MBA en finance de l'Institut brésilien des marchés de capitaux (Instituto Brasileiro de Mercado de Capitais/IBMEC) et d'une maîtrise en relations internationales de l'Université de Brasília. Depuis août 2011, il est directeur du Centre d'excellence contre la faim et représentant du PAM au Brésil. Le Centre d'excellence mène la coopération Sud-Sud, facilitant l'échange de bonnes pratiques en matière de politiques publiques. M. Balaban a récemment accordé une interview exclusive à l'équipe éditoriale du G20 Brasil. Découvrez-le.

Comment le Programme alimentaire mondial peut-il travailler en partenariat avec l'Alliance Mondiale contre la faim et la pauvreté ?

Le Programme alimentaire mondial est la plus grande agence humanitaire des Nations unies, fournissant une assistance alimentaire quotidienne à plus de 200 millions de personnes dans le monde. Cette alliance Global s'aligne parfaitement sur notre objectif principal : assurer un meilleur accès à la nourriture et réduire la faim dans le monde. Nous avons consacré de nombreuses années à la distribution de nourriture aux populations du monde entier. Pour atteindre notre objectif, nous avons besoin d'une alliance Global qui rassemble les pays les plus riches du monde, les Nations unies et d'autres organisations similaires.

Quels sont les programmes de lutte contre la faim mis en place au Brésil qui pourraient être reproduits dans d'autres pays ?

Nous mettons en œuvre le programme de repas scolaires du Brésil comme modèle dans plusieurs pays africains. Par exemple, l'initiative d'alimentation scolaire de Mozambique, Pronai, s'inspire fortement du programme national de repas scolaires du Brésil (Programa Nacional de Alimentação Escolar/PNAE). Il est essentiel que des pays comme le Brésil, dont les politiques publiques ont fait leurs preuves, servent d'exemple à d'autres pays qui développent des initiatives similaires. Nous sommes convaincus que les programmes d'alimentation scolaire sont essentiels, car ils favorisent l'assiduité et garantissent que les enfants reçoivent des repas nutritifs. La coopération internationale et le partage de modèles de programmes réussis sont essentiels pour faire avancer ces objectifs.

Daniel Balaban et le ministre Wellington Dias (MDS) lors de la signature de l'accord de partenariat entre le Programme alimentaire mondial et le Brésil. Crédit : Roberta Aline/MDS

Que signifie l'accord entre le Programme alimentaire mondial et le Brésil pour la promotion de la sécurité alimentaire ?

1TP178Les produits asiatiques ne représentent qu'une petite partie des achats du Programme alimentaire mondial, qui s'approvisionne en marchandises dans le monde entier pour venir en aide à sa vaste population mal desservie. Il est temps que le Brésil renforce sa participation, ce qui profiterait à ses producteurs en élargissant leur marché. Une participation accrue permettrait aux producteurs d'investir davantage dans la production alimentaire, de générer des ressources et des fonds supplémentaires et d'augmenter la production. Ces produits contribueraient à nourrir les populations des pays touchés par des catastrophes naturelles ou des conflits, en leur garantissant une alimentation essentielle à leur survie.

Pourriez-vous commenter l'importance de la production alimentaire durable et de la collaboration internationale dans ce contexte ?

Je crois fermement que lorsque le monde s'unit autour d'un objectif commun, il peut obtenir des résultats remarquables. La mise au point d'un vaccin en l'espace d'un an était autrefois considérée comme irréalisable, et pourtant nous avons réussi à créer un vaccin efficace contre le COVID-19 grâce à une collaboration mondiale extraordinaire. Il est maintenant temps que le monde s'unisse dans la lutte contre la faim en faisant progresser la durabilité. Si la production de denrées alimentaires est une étape nécessaire, elle n'est pas suffisante. L'accès à la nourriture doit également être élargi. Avec plus de 750 millions de personnes souffrant de sous-alimentation dans le monde, l'Alliance Mondiale est une nécessité urgente. En alignant nos efforts sur les objectifs fixés, nous pouvons nous efforcer d'atteindre l'année 2030 sans que personne, ou presque, ne soit confronté à la faim.

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