Créé en 2008, le programme Vision Umurenge (VUP) est le programme phare de protection sociale de Rwanda, conçu pour accélérer la transformation socio-économique et réduire l'extrême pauvreté. Alignée sur la stratégie nationale de transformation (NST 1), la mise en œuvre du VUP s'articule autour de trois composantes principales : (i) la composante filet de sécurité (qui comprend les transferts d'argent “Direct Support”, les programmes de travaux publics “classiques” et “élargis”, et l'intervention pour le développement de la petite enfance), (ii) la composante développement des moyens de subsistance, et (iii) la composante sensibilisation et mobilisation des communautés.
Le programme d'amélioration des moyens de subsistance durables (SLES) est le volet de développement des moyens de subsistance, fonctionnant comme la couche de graduation ou d'amélioration du VUP. Il cible les ménages extrêmement pauvres déjà inscrits dans le volet "filet de sécurité" et dont on estime qu'ils ont le potentiel de sortir de la pauvreté. Ce potentiel est défini comme étant un "ménage doté de main-d'œuvre" (c'est-à-dire comprenant des personnes âgées de 18 à 64 ans capables de travailler), mais qui n'a pas les possibilités ou les actifs nécessaires pour assurer sa subsistance. Le processus d'évaluation, souvent mené par des travailleurs para-sociaux lors de visites à domicile, prend en compte plusieurs variables clés pour déterminer cette capacité, notamment le niveau d'éducation du chef de famille, la diminution des responsabilités de soins, l'accès à la terre et aux outils de base, et la proximité du ménage par rapport au seuil de pauvreté.
Le SLES propose un ensemble de mesures holistiques et séquentielles pour répondre aux contraintes multidimensionnelles de la pauvreté, reconnaissant qu'une intervention unique (comme l'argent liquide) est insuffisante pour répondre aux contraintes multiples qui maintiennent les ménages dans la pauvreté. Le programme comprend deux interventions principales :
- Le programme de développement des compétences, Le programme, qui dure généralement de 6 à 12 mois et couvre tous les frais et le matériel, est dispensé par le biais de sessions de groupe, de centres professionnels et de liens avec des prestataires privés/OSC. Il vise à renforcer le capital humain par le biais de trois catégories principales de soutien :
- Formation à l'agriculture et à l'élevage (y compris l'éducation financière) pour les bénéficiaires d'actifs
- Formation à l'extérieur de l'exploitation ou à la transformation des produits agricoles pour ceux qui créent des micro-entreprises telles que la couture, la menuiserie, etc.
- Formation en dehors de l'exploitation pour les demandeurs d'emploi
- Le système de transfert d'actifs productifs, qui vise à améliorer les moyens de subsistance, à accélérer la sortie durable de la pauvreté et à fournir un mécanisme d'adaptation aux chocs en utilisant différentes catégories d'actifs :
- Petit bétail (chèvres, moutons ou porcs)
- Intrants agricoles (par exemple, semences, engrais ou équipement agricole)
- Équipement de transformation des produits agricoles
- Petit matériel pour les micro-entreprises non agricoles (comme la maçonnerie)
Ces interventions s'appuient sur un cadre solide de gestion de cas reposant sur des travailleurs para-sociaux (PSW). Ces derniers fournissent un soutien individuel et en petits groupes, un accompagnement, un suivi des progrès des ménages et les orientent vers des services complémentaires. Ils élaborent également des "plans de graduation" avec les ménages, définissant une voie vers une "graduation durable", un état dans lequel le ménage peut subvenir à ses besoins "sans avoir besoin de transferts sociaux". Le SLES donne explicitement la priorité aux sous-groupes vulnérables, notamment les ménages dirigés par des femmes, les jeunes (18-30 ans) et les personnes handicapées, pour les transferts d'actifs et la formation professionnelle. En outre, le SLES intègre l'inclusion financière, l'adaptation au changement climatique et la communication pour le changement de comportement afin d'aborder les normes sociales qui entravent la capacité de production.
La mesure définitive pour évaluer la graduation est la consommation des ménages, avec une "ligne de résilience" fixée à 50% au-dessus du seuil de pauvreté pour indiquer la durabilité. En plus de cette mesure principale, le programme utilise un système de suivi continu mené par les travailleurs sociaux. Au cours de visites régulières dans les foyers, les travailleurs sociaux utilisent une série d'indicateurs de substitution pour suivre les progrès accomplis en vue de l'obtention du diplôme. Ces indicateurs, rapportés par les travailleurs sociaux tous les six mois, comprennent le nombre de repas consommés par jour, la scolarisation et l'assiduité, l'inscription des ménages à l'assurance maladie communautaire (CBHI, également connue sous le nom de Mutuelle de Santé), la participation à des plans d'épargne comme Ejo Heza (un plan d'épargne à long terme volontaire à cotisations définies qui étend la couverture des pensions et de l'assurance sociale au secteur informel), l'accès aux actifs productifs et l'engagement dans des activités génératrices de revenus (AGR).
Le programme maintient une couverture nationale dans les zones urbaines et rurales. En 2023, il soutiendra un nombre de cas actifs de 141 539 participants directs, pour une portée totale de 636 926 bénéficiaires directs et indirects (définis comme des individus vivant dans un ménage dont au moins un membre reçoit le transfert). Cette portée totale représente environ 4,73% de la population nationale et 12,39% de tous les individus vivant sous le seuil de pauvreté national. Au total, le programme a bénéficié à 447 247 participants directs depuis sa création en 2017.
Le financement est principalement assuré par l'Association internationale de développement (IDA) de la Banque mondiale dans le cadre du projet de transformation de la protection sociale (SPTP). Le projet alloue un prêt total de 100 millions d'USD pour renforcer le programme Vision Umurenge (VUP), 19,29 millions d'USD est spécifiquement consacrée au volet 2 : Soutien à l'inclusion économique.
Les partenaires internationaux sont essentiels pour le financement, l'assistance technique et la mise en œuvre. La Banque mondiale est le principal partenaire financier, tandis que de grandes ONG comme BRAC contribuent à l'élaboration des politiques. En ce qui concerne la fourniture de services de première ligne, le gouvernement s'associe à des prestataires de services internationaux (tels que World Vision et Care International) pour mettre en œuvre des interventions telles que la formation et l'accompagnement en matière de moyens de subsistance.
Au niveau national, le ministère des collectivités locales (MINALOC) définit les politiques générales de protection sociale. L'Agence de développement des entités administratives locales (LODA) est l'organe de coordination principal chargé de la supervision du programme, de la mobilisation des fonds, de la planification nationale, du suivi et de l'évaluation, et de la diffusion des lignes directrices opérationnelles auprès des entités locales. La mise en œuvre est fortement décentralisée, les districts étant l'autorité principale en matière de planification locale, de budgétisation et d'acquisition de biens. Cette structure s'étend à la ligne de front, où les secteurs, les cellules et les villages gèrent la sélection détaillée des bénéficiaires, veillent à l'équilibre entre les sexes et effectuent un suivi local de la productivité des actifs.
Le modèle de gouvernance intègre formellement les communautés locales et les OSC dans la mise en œuvre du programme. Un cadre de travailleurs sociaux de proximité joue le rôle de gestionnaires de cas en première ligne, fournissant des services de conseil de proximité et reliant les bénéficiaires à des services complémentaires. En outre, les OSC opèrent dans le cadre de protocoles d'accord formels afin de renforcer les capacités et d'assurer un suivi indépendant du ciblage du programme.
Le SLES utilise Système d'information sur le suivi et l'évaluation (MEIS) pour la gestion des données et l'établissement des rapports. Dans le cadre plus large du projet de transformation de la protection sociale (SPTP), le programme bénéficie d'un investissement important dans l'infrastructure numérique au titre de la composante "Systèmes de prestation transformateurs". Cette initiative se concentre sur la numérisation des paiements et l'opérationnalisation d'un registre social dynamique, ce qui permet de faire passer le VUP et le SLES à un modèle de prestation entièrement basé sur la technologie.
Rapport sur l'état d'avancement et les résultats de la mise en œuvre du projet de transformation de la protection sociale (Banque mondiale, 2025).
Entre septembre 2023 (sur la base du rapport de mai 2024) et septembre 2025 (sur la base du rapport de novembre 2025), le pourcentage de ménages éligibles au programme Vision Umurenge (VUP) bénéficiant du paquet SLE a augmenté de façon spectaculaire, passant de 1,90% à 44,10%. Cela représente une augmentation du nombre de ménages bénéficiaires de 21 333 à 138 947. Cette expansion s'est accompagnée d'une augmentation parallèle du nombre de ménages dirigés par des femmes, qui est passé de 7 587 à 43 015. Pour gérer cette croissance, la capacité de gestion des cas a été élargie, le nombre de travailleurs para-sociaux recevant une formation de remise à niveau étant passé de 4 167 à 14 583. Les liens avec l'inclusion financière se sont également renforcés, la part des bénéficiaires de VUP inscrits au plan d'épargne Ejo Heza étant passée de 73% à 84%.
Rapport d'audit et états financiers vérifiés du projet de transformation de la protection sociale (SPTP-LODA) (Bureau de l'auditeur général de Rwanda, 2024).
Le système de gestion des cas et de conseil de proximité a été largement opérationnel, 14 719 travailleurs para-sociaux ayant reçu un soutien, notamment en matière de communication et d'incitations. Dans le cadre du volet "développement des compétences", 6 263 personnes (réparties en 3 067 femmes et 3 196 hommes) ont bénéficié d'un soutien dans divers métiers de formation tels que la maçonnerie, la soudure, la couture et la mécanique. Parallèlement, le volet "actifs productifs" a touché 12 194 bénéficiaires : 7 874 bénéficiaires ont reçu des boîtes à outils de démarrage pour des entreprises non agricoles, tandis que 4 320 ont reçu du petit bétail pour des moyens de subsistance agricoles sur l'exploitation.
Examen du rapport d'achèvement de la mise en œuvre du projet de renforcement de la protection sociale (Groupe d'évaluation indépendant (GEI), 2023).
Le projet de renforcement de la protection sociale dans Rwanda (P162646), financé par la BIRD/IDA, a soutenu l'opérationnalisation du programme d'amélioration des moyens de subsistance durables (SLE) approuvé par le gouvernement et son système de travailleurs para-sociaux correspondant. Ce cadre a été conçu pour fournir une gestion régulière et de proximité des cas, un mentorat et un accompagnement aux ménages les plus pauvres et pour faciliter l'orientation vers des opportunités d'amélioration des moyens de subsistance. À la fin du projet, 14 752 travailleurs para-sociaux (dont 9 997 dans 20 districts soutenus par le projet) avaient été recrutés, formés et étaient opérationnels. Cette intervention a été structurée de manière à compléter le soutien direct sensible à la nutrition (NSDS) et l'enregistrement civil et les statistiques de l'état civil (CRVS), renforçant ainsi la contribution au capital humain du programme Vision 2020 Umurenge (VUP). Cependant, les résultats de l'intervention SLE n'ont pas été suivis dans le cadre des résultats du projet.
Basé sur la stratégie nationale pour un diplôme durable (2022) du ministère des collectivités locales :
- Un modèle de "graduation" échoue si sa conception n'est pas fidèle ; une focalisation étroite et descendante sur les transferts d'actifs s'est avérée inefficace sans l'ensemble complet et séquentiel des mesures de soutien.
- Les transferts d'actifs productifs, en particulier de bétail, ne sont pas durables s'ils ne s'accompagnent pas d'un soutien essentiel, notamment de services vétérinaires et de mécanismes de compensation pour atténuer la perte d'actifs.
- Les travailleurs para-sociaux ont besoin d'une charge de travail gérable et d'incitations financières fiables pour fournir un accompagnement efficace et des références systématiques.
- La mise en œuvre multisectorielle nécessite une coordination formelle et horizontale au niveau local, les déconnexions institutionnelles entre les départements constituant un obstacle majeur.
- Le fait de mesurer la graduation en fonction de l'acquisition d'actifs à court terme plutôt que d'un revenu durable a conduit les ménages à perdre prématurément l'aide et à retomber dans la pauvreté.
- La réussite des ménages dépend fortement de l'environnement général, notamment de l'accès à des marchés fonctionnels et de la résistance aux chocs économiques et environnementaux.
- Le programme a connu des difficultés opérationnelles, la mise en œuvre du programme SLE/PSWs progressant plus lentement que prévu et ne disposant pas d'un système permettant de recueillir les commentaires des participants sur la qualité de l'aide reçue.
En Rwanda :
Site web de l'Île-du-Prince-Édouard sur le SLES : https://www.peiglobal.org/node/1623
ODD 1 - Pas de pauvreté
- Objectif 1.1 -D'ici à 2030, éradiquer l'extrême pauvreté pour tous, partout dans le monde, actuellement mesurée comme le nombre de personnes vivant avec moins de $1,25 par jour.
- Indicateur 1.1.1 -Proportion de la population vivant sous le seuil international de pauvreté par sexe, âge, statut d'emploi et localisation géographique (urbaine/rurale)
- Objectif 1.2 -D'ici à 2030, réduire au moins de moitié la proportion d'hommes, de femmes et d'enfants de tous âges vivant dans la pauvreté sous toutes ses formes, selon les définitions nationales.
- Indicateur 1.2.1 -Proportion de la population vivant sous le seuil de pauvreté national, par sexe et par âge
- Indicateur 1.2.2 -Proportion d'hommes, de femmes et d'enfants de tous âges vivant dans la pauvreté dans toutes ses dimensions selon les définitions nationales
- Objectif 1.3 -Mettre en œuvre des systèmes et des mesures de protection sociale appropriés au niveau national pour tous, y compris les planchers, et parvenir d'ici 2030 à une couverture substantielle des pauvres et des personnes vulnérables.
- Indicateur 1.3.1 -Proportion de la population couverte par les socles/systèmes de protection sociale, par sexe, en distinguant les enfants, les chômeurs, les personnes âgées, les personnes handicapées, les femmes enceintes, les nouveau-nés, les victimes d'accidents du travail, les pauvres et les personnes vulnérables.
ODD 2 - Faim zéro
- Objectif 2.1 -D'ici à 2030, éliminer la faim et garantir l'accès de tous les êtres humains, en particulier les pauvres et les personnes en situation de vulnérabilité, y compris les nourrissons, à une alimentation sûre, nutritive et suffisante tout au long de l'année.
- Indicateur 2.1.1 -Prévalence de la sous-alimentation
- Indicateur 2.1.2 -Prévalence de l'insécurité alimentaire modérée ou grave dans la population, sur la base de l'échelle d'expérience de l'insécurité alimentaire (FIES)
- Objectif 2.3 - D'ici à 2030, doubler la productivité agricole et les revenus des petits producteurs de denrées alimentaires, en particulier les femmes, les populations autochtones, les agriculteurs familiaux, les éleveurs et les pêcheurs, notamment grâce à un accès sûr et égal à la terre, à d'autres ressources et intrants productifs, aux connaissances, aux services financiers, aux marchés et aux possibilités de création de valeur ajoutée et d'emplois non agricoles.
- Indicateur 2.3.1 - Volume de production par unité de main-d'œuvre par catégorie de taille d'entreprise agricole/pastorale/forestière
- Indicateur 2.3.2 - Revenu moyen des petits producteurs de denrées alimentaires, par sexe et statut autochtone
- Objectif 2.4 - D'ici à 2030, garantir des systèmes de production alimentaire durables et mettre en œuvre des pratiques agricoles résilientes qui augmentent la productivité et la production, qui contribuent à préserver les écosystèmes, qui renforcent la capacité d'adaptation au changement climatique, aux conditions météorologiques extrêmes, à la sécheresse, aux inondations et à d'autres catastrophes, et qui améliorent progressivement la qualité des terres et des sols.
- Indicateur 2.4.1 - Proportion de la surface agricole consacrée à l'agriculture productive et durable
ODD 5 - Égalité entre les hommes et les femmes
- Objectif 5.a - Entreprendre des réformes pour donner aux femmes des droits égaux aux ressources économiques, ainsi que l'accès à la propriété et au contrôle de la terre et d'autres formes de propriété, aux services financiers, à l'héritage et aux ressources naturelles, conformément à la législation nationale.
- Indicateur 5.a.1 - (a) Proportion de la population agricole totale possédant une propriété ou des droits sûrs sur des terres agricoles, par sexe ; et (b) proportion de femmes parmi les propriétaires ou les détenteurs de droits sur des terres agricoles, par type de régime foncier.
ODD 8 - Travail décent et croissance économique
- Objectif 8.2 - Atteindre des niveaux plus élevés de productivité économique grâce à la diversification, à la modernisation technologique et à l'innovation, notamment en mettant l'accent sur les secteurs à forte valeur ajoutée et à forte intensité de main-d'œuvre.
- Indicateur 8.2.1 - Taux de croissance annuel du PIB réel par personne occupée
- Objectif 8.3 - Promouvoir des politiques axées sur le développement qui soutiennent les activités productives, la création d'emplois décents, l'esprit d'entreprise, la créativité et l'innovation, et qui encouragent la formalisation et la croissance des micro-, petites et moyennes entreprises, y compris par l'accès aux services financiers.
- Indicateur 8.3.1 - Proportion d'emplois informels dans l'emploi total, par secteur et par sexe
- Objectif 8.5 - D'ici à 2030, parvenir au plein emploi productif et à un travail décent pour toutes les femmes et tous les hommes, y compris les jeunes et les personnes handicapées, et à l'égalité de rémunération pour un travail de valeur égale.
- Indicateur 8.5.1 - Salaire horaire moyen des salariés, par sexe, âge, profession et personnes handicapées
- Indicateur 8.5.2 - Taux de chômage, par sexe, âge et personnes handicapées
- Objectif 8.6 - D'ici à 2020, réduire considérablement la proportion de jeunes qui ne travaillent pas, ne suivent pas d'études ou ne sont pas en formation.
- Indicateur 8.6.1 - Proportion de jeunes (âgés de 15 à 24 ans) ne suivant pas d'études, d'emploi ou de formation
ODD 10 - Réduction des inégalités
- Objectif 10.1 - D'ici à 2030, réaliser progressivement et maintenir la croissance des revenus des 40 % les plus pauvres de la population à un taux supérieur à la moyenne nationale.
- Indicateur 10.1.1 - Taux de croissance des dépenses des ménages ou du revenu par habitant parmi les 40 % les plus pauvres de la population et la population totale
- Objectif 10.2 -D'ici à 2030, autonomiser et promouvoir l'inclusion sociale, économique et politique de tous, indépendamment de l'âge, du sexe, du handicap, de la race, de l'appartenance ethnique, de l'origine, de la religion ou de la situation économique ou autre.
- Indicateur 10.2.1 -Proportion de personnes vivant en dessous de 50 % du revenu médian, par sexe, âge et personnes handicapées
Soutien à la diversification des moyens de subsistance;
Formation (professionnelle, aptitudes pratiques, aide financière à la formation, entrepreneuriat);
Transfert monétaire inconditionnel;
Ajout de valeur et transformation inclusifs;
Accès des pauvres aux intrants, aux technologies et aux connaissances agricoles;
Gouvernance à plusieurs niveaux
ODD 1 - Pas de pauvreté
- Objectif 1.1 -D'ici à 2030, éradiquer l'extrême pauvreté pour tous, partout dans le monde, actuellement mesurée comme le nombre de personnes vivant avec moins de $1,25 par jour.
- Indicateur 1.1.1 -Proportion de la population vivant sous le seuil international de pauvreté par sexe, âge, statut d'emploi et localisation géographique (urbaine/rurale)
- Objectif 1.2 -D'ici à 2030, réduire au moins de moitié la proportion d'hommes, de femmes et d'enfants de tous âges vivant dans la pauvreté sous toutes ses formes, selon les définitions nationales.
- Indicateur 1.2.1 -Proportion de la population vivant sous le seuil de pauvreté national, par sexe et par âge
- Indicateur 1.2.2 -Proportion d'hommes, de femmes et d'enfants de tous âges vivant dans la pauvreté dans toutes ses dimensions selon les définitions nationales
- Objectif 1.3 -Mettre en œuvre des systèmes et des mesures de protection sociale appropriés au niveau national pour tous, y compris les planchers, et parvenir d'ici 2030 à une couverture substantielle des pauvres et des personnes vulnérables.
- Indicateur 1.3.1 -Proportion de la population couverte par les socles/systèmes de protection sociale, par sexe, en distinguant les enfants, les chômeurs, les personnes âgées, les personnes handicapées, les femmes enceintes, les nouveau-nés, les victimes d'accidents du travail, les pauvres et les personnes vulnérables.
ODD 2 - Faim zéro
- Objectif 2.1 -D'ici à 2030, éliminer la faim et garantir l'accès de tous les êtres humains, en particulier les pauvres et les personnes en situation de vulnérabilité, y compris les nourrissons, à une alimentation sûre, nutritive et suffisante tout au long de l'année.
- Indicateur 2.1.1 -Prévalence de la sous-alimentation
- Indicateur 2.1.2 -Prévalence de l'insécurité alimentaire modérée ou grave dans la population, sur la base de l'échelle d'expérience de l'insécurité alimentaire (FIES)
- Objectif 2.3 - D'ici à 2030, doubler la productivité agricole et les revenus des petits producteurs de denrées alimentaires, en particulier les femmes, les populations autochtones, les agriculteurs familiaux, les éleveurs et les pêcheurs, notamment grâce à un accès sûr et égal à la terre, à d'autres ressources et intrants productifs, aux connaissances, aux services financiers, aux marchés et aux possibilités de création de valeur ajoutée et d'emplois non agricoles.
- Indicateur 2.3.1 - Volume de production par unité de main-d'œuvre par catégorie de taille d'entreprise agricole/pastorale/forestière
- Indicateur 2.3.2 - Revenu moyen des petits producteurs de denrées alimentaires, par sexe et statut autochtone
- Objectif 2.4 - D'ici à 2030, garantir des systèmes de production alimentaire durables et mettre en œuvre des pratiques agricoles résilientes qui augmentent la productivité et la production, qui contribuent à préserver les écosystèmes, qui renforcent la capacité d'adaptation au changement climatique, aux conditions météorologiques extrêmes, à la sécheresse, aux inondations et à d'autres catastrophes, et qui améliorent progressivement la qualité des terres et des sols.
- Indicateur 2.4.1 - Proportion de la surface agricole consacrée à l'agriculture productive et durable
ODD 5 - Égalité entre les hommes et les femmes
- Objectif 5.a - Entreprendre des réformes pour donner aux femmes des droits égaux aux ressources économiques, ainsi que l'accès à la propriété et au contrôle de la terre et d'autres formes de propriété, aux services financiers, à l'héritage et aux ressources naturelles, conformément à la législation nationale.
- Indicateur 5.a.1 - (a) Proportion de la population agricole totale possédant une propriété ou des droits sûrs sur des terres agricoles, par sexe ; et (b) proportion de femmes parmi les propriétaires ou les détenteurs de droits sur des terres agricoles, par type de régime foncier.
ODD 8 - Travail décent et croissance économique
- Objectif 8.2 - Atteindre des niveaux plus élevés de productivité économique grâce à la diversification, à la modernisation technologique et à l'innovation, notamment en mettant l'accent sur les secteurs à forte valeur ajoutée et à forte intensité de main-d'œuvre.
- Indicateur 8.2.1 - Taux de croissance annuel du PIB réel par personne occupée
- Objectif 8.3 - Promouvoir des politiques axées sur le développement qui soutiennent les activités productives, la création d'emplois décents, l'esprit d'entreprise, la créativité et l'innovation, et qui encouragent la formalisation et la croissance des micro-, petites et moyennes entreprises, y compris par l'accès aux services financiers.
- Indicateur 8.3.1 - Proportion d'emplois informels dans l'emploi total, par secteur et par sexe
- Objectif 8.5 - D'ici à 2030, parvenir au plein emploi productif et à un travail décent pour toutes les femmes et tous les hommes, y compris les jeunes et les personnes handicapées, et à l'égalité de rémunération pour un travail de valeur égale.
- Indicateur 8.5.1 - Salaire horaire moyen des salariés, par sexe, âge, profession et personnes handicapées
- Indicateur 8.5.2 - Taux de chômage, par sexe, âge et personnes handicapées
- Objectif 8.6 - D'ici à 2020, réduire considérablement la proportion de jeunes qui ne travaillent pas, ne suivent pas d'études ou ne sont pas en formation.
- Indicateur 8.6.1 - Proportion de jeunes (âgés de 15 à 24 ans) ne suivant pas d'études, d'emploi ou de formation
ODD 10 - Réduction des inégalités
- Objectif 10.1 - D'ici à 2030, réaliser progressivement et maintenir la croissance des revenus des 40 % les plus pauvres de la population à un taux supérieur à la moyenne nationale.
- Indicateur 10.1.1 - Taux de croissance des dépenses des ménages ou du revenu par habitant parmi les 40 % les plus pauvres de la population et la population totale
- Objectif 10.2 -D'ici à 2030, autonomiser et promouvoir l'inclusion sociale, économique et politique de tous, indépendamment de l'âge, du sexe, du handicap, de la race, de l'appartenance ethnique, de l'origine, de la religion ou de la situation économique ou autre.
- Indicateur 10.2.1 -Proportion de personnes vivant en dessous de 50 % du revenu médian, par sexe, âge et personnes handicapées
Créé en 2008, le programme Vision Umurenge (VUP) est le programme de protection sociale phare de Rwanda, conçu pour accélérer la transformation socio-économique et réduire l'extrême pauvreté. Alignée sur la stratégie nationale de transformation (NST 1), la mise en œuvre du VUP s'articule autour de trois composantes principales : (i) la composante filet de sécurité (qui comprend les transferts d'argent “Direct Support”, les programmes de travaux publics “classiques” et “élargis”, et l'intervention pour le développement de la petite enfance), (ii) la composante développement des moyens de subsistance, et (iii) la composante sensibilisation et mobilisation des communautés.
Le programme d'amélioration des moyens de subsistance durables (SLES) est le volet de développement des moyens de subsistance, fonctionnant comme la couche de graduation ou d'amélioration du VUP. Il cible les ménages extrêmement pauvres déjà inscrits dans le volet “filet de sécurité” et dont on estime qu'ils ont le potentiel de sortir de la pauvreté. Ce potentiel est défini comme étant un "ménage doté de main-d'œuvre" (c'est-à-dire comprenant des personnes âgées de 18 à 64 ans capables de travailler), mais qui n'a pas les possibilités ou les actifs nécessaires pour assurer sa subsistance. Le processus d'évaluation, souvent mené par des travailleurs para-sociaux lors de visites à domicile, prend en compte plusieurs variables clés pour déterminer cette capacité, notamment le niveau d'éducation du chef de famille, la diminution des responsabilités de soins, l'accès à la terre et aux outils de base, et la proximité du ménage par rapport au seuil de pauvreté.
Le SLES propose un ensemble de mesures holistiques et séquentielles pour répondre aux contraintes multidimensionnelles de la pauvreté, reconnaissant qu'une intervention unique (comme l'argent liquide) est insuffisante pour répondre aux contraintes multiples qui maintiennent les ménages dans la pauvreté. Le programme comprend deux interventions principales :
- Le programme de développement des compétences, Le programme, qui dure généralement de 6 à 12 mois et couvre tous les frais et le matériel, est dispensé par le biais de sessions de groupe, de centres professionnels et de liens avec des prestataires privés/OSC. Il vise à renforcer le capital humain par le biais de trois catégories principales de soutien :
- Formation à l'agriculture et à l'élevage (y compris l'éducation financière) pour les bénéficiaires d'actifs
- Formation à l'extérieur de l'exploitation ou à la transformation des produits agricoles pour ceux qui créent des micro-entreprises telles que la couture, la menuiserie, etc.
- Formation en dehors de l'exploitation pour les demandeurs d'emploi
- Le système de transfert d'actifs productifs, qui vise à améliorer les moyens de subsistance, à accélérer la sortie durable de la pauvreté et à fournir un mécanisme d'adaptation aux chocs en utilisant différentes catégories d'actifs :
- Petit bétail (chèvres, moutons ou porcs)
- Intrants agricoles (par exemple, semences, engrais ou équipement agricole)
- Équipement de transformation des produits agricoles
- Petit matériel pour les micro-entreprises non agricoles (comme la maçonnerie)
Ces interventions s'appuient sur un cadre solide de gestion de cas reposant sur des travailleurs para-sociaux (PSW). Ces derniers fournissent un soutien individuel et en petits groupes, un accompagnement, un suivi des progrès des ménages et les orientent vers des services complémentaires. Ils élaborent également des “plans de graduation” avec les ménages, définissant une voie vers une “graduation durable”, un état dans lequel le ménage peut subvenir à ses besoins “sans avoir besoin de transferts sociaux”. Le SLES donne explicitement la priorité aux sous-groupes vulnérables, notamment les ménages dirigés par des femmes, les jeunes (18-30 ans) et les personnes handicapées, pour les transferts d'actifs et la formation professionnelle. En outre, le SLES intègre l'inclusion financière, l'adaptation au changement climatique et la communication sur le changement de comportement afin d'aborder les normes sociales qui entravent la capacité de production.
La mesure définitive pour évaluer la graduation est la consommation des ménages, avec une “ligne de résilience” fixée à 50% au-dessus du seuil de pauvreté pour indiquer la durabilité. En plus de cette mesure principale, le programme utilise un système de suivi continu mené par les travailleurs sociaux. Au cours de visites régulières dans les foyers, les travailleurs sociaux utilisent une série d'indicateurs de substitution pour suivre les progrès réalisés en vue de l'obtention d'un diplôme. Ces indicateurs, rapportés par les travailleurs sociaux tous les six mois, comprennent le nombre de repas consommés par jour, la scolarisation et l'assiduité, l'inscription des ménages à l'assurance maladie communautaire (CBHI, également connue sous le nom de Mutuelle de Santé), la participation à des plans d'épargne comme Ejo Heza (un plan d'épargne à long terme volontaire à cotisations définies qui étend la couverture des pensions et de l'assurance sociale au secteur informel), l'accès aux actifs productifs et l'engagement dans des activités génératrices de revenus (AGR).
Basé sur la stratégie nationale pour un diplôme durable (2022) du ministère des collectivités locales :
- Un modèle de “graduation” échoue si sa conception n'est pas fidèle ; une focalisation étroite et descendante sur les transferts d'actifs s'est avérée inefficace sans l'ensemble complet et séquentiel des mesures de soutien.
- Les transferts d'actifs productifs, en particulier de bétail, ne sont pas durables s'ils ne s'accompagnent pas d'un soutien essentiel, notamment de services vétérinaires et de mécanismes de compensation pour atténuer la perte d'actifs.
- Les travailleurs para-sociaux ont besoin d'une charge de travail gérable et d'incitations financières fiables pour fournir un accompagnement efficace et des références systématiques.
- La mise en œuvre multisectorielle nécessite une coordination formelle et horizontale au niveau local, les déconnexions institutionnelles entre les départements constituant un obstacle majeur.
- Le fait de mesurer la graduation en fonction de l'acquisition d'actifs à court terme plutôt que d'un revenu durable a conduit les ménages à perdre prématurément l'aide et à retomber dans la pauvreté.
- La réussite des ménages dépend fortement de l'environnement général, notamment de l'accès à des marchés fonctionnels et de la résistance aux chocs économiques et environnementaux.
- Le programme a connu des difficultés opérationnelles, la mise en œuvre du programme SLE/PSWs progressant plus lentement que prévu et ne disposant pas d'un système permettant de recueillir les commentaires des participants sur la qualité de l'aide reçue.
Travaux publics, systèmes de garantie de l'emploi et création directe d'emplois, y compris programmes de développement communautaire ; soutien à la diversification des moyens de subsistance ; formation (professionnelle, aptitudes à la vie quotidienne, formation en espèces, esprit d'entreprise) ; transferts monétaires inconditionnels ; ajout de valeur et transformation inclusifs ; accès des pauvres aux intrants, technologies et connaissances agricoles ; gouvernance à plusieurs niveaux.
En Rwanda :
Les partenaires internationaux sont essentiels pour le financement, l'assistance technique et la mise en œuvre. La Banque mondiale est le principal partenaire financier, tandis que de grandes ONG comme BRAC contribuent à l'élaboration des politiques. En ce qui concerne la fourniture de services de première ligne, le gouvernement s'associe à des prestataires de services internationaux (tels que World Vision et Care International) pour mettre en œuvre des interventions telles que la formation et l'accompagnement en matière de moyens de subsistance.
Au niveau national, le ministère des collectivités locales (MINALOC) définit les politiques générales de protection sociale. L'Agence de développement des entités administratives locales (LODA) est l'organe de coordination principal chargé de la supervision du programme, de la mobilisation des fonds, de la planification nationale, du suivi et de l'évaluation, et de la diffusion des lignes directrices opérationnelles auprès des entités locales. La mise en œuvre est fortement décentralisée, les districts étant l'autorité principale en matière de planification locale, de budgétisation et d'acquisition de biens. Cette structure s'étend à la ligne de front, où les secteurs, les cellules et les villages gèrent la sélection détaillée des bénéficiaires, veillent à l'équilibre entre les sexes et effectuent un suivi local de la productivité des actifs.
Le modèle de gouvernance intègre formellement les communautés locales et les OSC dans la mise en œuvre du programme. Un cadre de travailleurs sociaux de proximité joue le rôle de gestionnaires de cas en première ligne, fournissant des services de conseil de proximité et reliant les bénéficiaires à des services complémentaires. En outre, les OSC opèrent dans le cadre de protocoles d'accord formels afin de renforcer les capacités et d'assurer un suivi indépendant du ciblage du programme.
Le programme maintient une couverture nationale dans les zones urbaines et rurales. En 2023, il soutiendra un nombre de cas actifs de 141 539 participants directs, pour une portée totale de 636 926 bénéficiaires directs et indirects (définis comme des individus vivant dans un ménage dont au moins un membre reçoit le transfert). Cette portée totale représente environ 4,73% de la population nationale et 12,39% de tous les individus vivant sous le seuil de pauvreté national. Au total, le programme a bénéficié à 447 247 participants directs depuis sa création en 2017.
Le financement est principalement assuré par l'Association internationale de développement (IDA) de la Banque mondiale dans le cadre du projet de transformation de la protection sociale (SPTP). Le projet alloue un prêt total de 100 millions d'USD pour renforcer le programme Vision Umurenge (VUP), 19,29 millions d'USD est spécifiquement consacrée au volet 2 : Soutien à l'inclusion économique.
Le SLES utilise Système d'information sur le suivi et l'évaluation (MEIS) pour la gestion des données et l'établissement des rapports. Dans le cadre du projet plus large de transformation de la protection sociale (SPTP), le programme bénéficie d'un investissement important dans l'infrastructure numérique au titre de la composante “Systèmes de prestation transformateurs”. Cette initiative se concentre sur la numérisation des paiements et l'opérationnalisation d'un registre social dynamique, ce qui permet de faire passer le VUP et le SLES à un modèle de prestation entièrement basé sur la technologie.
Site web de l'Île-du-Prince-Édouard sur le SLES : https://www.peiglobal.org/node/1623